La dépression est-elle contagieuse ?

Il parait qu’on est la somme des 5 personnes qu’on fréquente le plus.

Sachant ça, qui aurait envie de fréquenter des personnes déprimées ? Car, selon cette logique, avoir deux dépressifs parmi les 5 personnes qu’on fréquente le plus risquerait bien de nous rendre dépressif à deux cinquièmes (hé : ça fait quand même 40% !).

Surtout que, les dépressifs :

  • ils sont pas marrants,
  • ils cassent l’ambiance,
  • ils gâchent les soirées,
  • ils font rien pour s’en sortir
  • etc.

Dès lors, la chose logique à faire semble être d’éviter ces personnes trop tristes, pas motivées par la vie, trop anxieuses ou trop stressées.

Mais est-ce la chose juste ?

On peut se trouver toute les excuses du monde pour refuser de tendre la main à celui qui en a besoin, toutes les excuses du monde pour abandonner ses amis :

moi aussi des fois je suis triste

moi aussi des fois je suis déprimé

c’est dur pour tout le monde, tu sais

tout le monde a ses problèmes

je suis pas ton psy, va voir quelqu’un de compétent

Le problème quand on fait ça, c’est qu’on répand autour de nous l’idée qu’aider ses proches, les soutenir psychologiquement, est quelque chose qu’il vaut mieux ne pas faire, car c’est trop dangereux pour soi ; on risque d’être contaminé. Aider ses proche est quelque chose qu’on n’est pas obligé de faire car, après tout, il y a des professionnels pour ça.

Le problème, c’est qu’un européen sur deux va connaître au moins une dépression majeure au cours de sa vie. Vous croyez que ça ne vous arrivera pas à vous, parce que vous êtes fort psychologiquement ? Vous risquez d’être surpris, et pas en bien.

Et le problème, c’est que le jour où ça vous arrivera, si vous avez par vos actes et surtout par vos inactions répandu autour de vous l’idée qu’il ne faut pas aider ses proches, vous aurez instillé cette idée dans l’esprit de vos proches. Et le jour où vous en aurez le plus besoin, vous vous retrouverez… seuls.

Seul face à la douleur de vivre. Seul face aux difficultés. Seul.

La dépression est contagieuse : en refusant votre aide à un ami triste, vous créez autour de vous un climat d’individualisme, qui tôt ou tard vous reviendra dans la gueule.